Game of Thrones et L'Attaque des Titans
Il est intéressant d'analyser narrativement Game of Thrones et l'Attaque des Titans ensemble, pour soulever les points communs et les différences dans leur approche narrative. Je précise que je parle de la série Game of Thrones et de l'animé l'Attaque des Titans, pas des livres/mangas originaux. Énormes SPOILERS puisque la fin est vitale pour comprendre ces deux œuvres et pourquoi leur conclusion sont controversées (références également aux intrigues de Code Geass et Dune).
1) C'est quoi Game of Thrones ?
Game of Thrones introduit son thème dès le début de son récit : malgré la présence d'une menace d'extinction (les Marcheurs Blancs), le réel problème est la discorde entre les différentes Maisons qui recherchent le pouvoir. Grâce à ce contexte, Game of Thrones montre de manière pragmatique l'absurdité des conflits pour le pouvoir, qui seront responsables de la destruction de l'humanité si la situation n'évolue pas.
Un deuxième sujet est amené par la série : le fait que les bons sentiments (comme l'amour) ne font pas bon ménage avec les responsabilités, le devoir ou la stratégie. Celles et ceux qui sont un peu trop naïfs, qui compte sur l'empathie des ennemis et font preuve d'idéalisme, finiront par le payer puisqu'ils se feront toujours vaincre par ceux qui n'ont aucun scrupule. Cette opposition entre l'amour/l'empathie et le pragmatisme est plutôt inattendu, puisque l'énorme majorité des histoires parlent de l'amour comme une force positive qui est plus forte que la haine.
Enfin, il y a une opposition très claire entre l'inceste et ce que je vais appeler la "mixité" entre Maisons. La mixité permet des résolutions pacifistes et des alliances qui pourraient être une solution à la grande menace qui plane sur Westeros. L'inceste symbolise l'égocentrisme des Maisons qui n'acceptent pas de se mélanger aux autres (ou alors c’est pour mieux les trahir), et c’est forcément une voie sans issue puisque cela engendre une descente progressive vers la folie à cause de la génétique.
2) La fin de Game of Thrones
Bien que l'exécution laisse à désirer (je vais en parler dans la partie suivante), la fin de Game of Thrones était clairement prévue depuis le début et, en prenant un peu de recul, respecte intégralement ce que je viens de décrire dans le paragraphe précédent. Par exemple, nous avons confirmation que les Marcheurs Blancs ne sont pas la vraie menace de la série. La découverte de leur origine était déjà un gros indice : ils sont le résultat d'un sort qui a échappé à tout contrôle, qui servait à protéger une espèce non humaine des envahisseurs humains intolérants et belliqueux. Les humains sont donc toujours à l'origine des problèmes, ce qui démystifie les Marcheurs Blancs et nous prépare au fait qu'ils ne sont pas cette grande menace dont parlaient les différentes prophéties.
Il s'avère que cette menace est Daenerys puisqu'elle finit par détruire Port-Réal, amenant le fameux hiver (de cendres) du "Winter is Coming". Cette révélation est finalement assez logique : Daenerys a toujours été sur la fine ligne entre l'empathie (exemple : libérer les esclaves) et n'avoir aucun scrupule pour celles et ceux qui lui barrent la route (exemple : massacrer ceux qui lui résistent avec son armée et à coup de dragons). Mais plus elle avance vers son objectif, plus son idéalisme est confrontée à cette lutte de pouvoir cruelle : elle aide à vaincre les Marcheurs Blancs, et elle reçoit du mépris et de la méfiance. Elle essaie des voies diplomatiques, cela lui coûte la vie d'un dragon et de sa plus proche conseillère. Et c'est en craignant un piège de Cersei (qu'elle avait effectivement mis en place), qu'elle décide de détruire Port-Réal pour garantir son accession au trône tout en punissant ce peuple qui (dans son esprit) ne mérite pas son empathie.
La conclusion va un cran plus loin que le reste de la série : les conflits ne vont pas permettre à une grande menace de détruire le monde, ils sont à l'origine de ces menaces, en créant obligatoirement des tyrans vu que même avec de bonnes intentions, il faut bien trop de sacrifices et devenir cruel pour accéder au pouvoir et espérer changer des choses. Pour en revenir à l'aspect "inceste" et "mixité", c'est bien un "métis" de deux Maisons, Jon Snow, qui va devoir arrêter ce cycle : lui qui a toujours privilégié son devoir et qui est déjà mort à cause de sa naïveté, il a été ressuscité puisque c'était son destin de tuer Daenerys, la personne qu'il aime alors qu'il font parti de la même famille. C'est donc bien en tuant l'inceste et en sacrifiant les bons sentiments qu'il sauve le monde. Cette mise en avant du devoir et du pragmatisme est appuyé par le fait que Bran, maintenant privé de toute émotion, est mis sur le trône pour que la paix s'installe. C’est thématiquement cohérent avec le reste de la série… sur le papier.
3) Ce que je pense de Game of Thrones
Comme je l'ai dit, il faut prendre du recul pour se rendre compte que la fin de Game of Thrones est raccord avec le reste de la série. Mais dans les faits, je rejoins la majorité du public en admettant qu'elle est simplement ratée. Ce n'est pas seulement qu'elle est mal exécutée, elle montre une incompréhension profonde du scénario de George R. R. Martin. Pour rappel, il est l'auteur de l'œuvre originale, il avait servi de consultant sur les quatre premières saisons (d'où leur meilleure qualité) et il a donné aux showrunners de la série le déroulement de la fin de son histoire.
C'est un dialogue maladroit entre Jon et Tyrion qui met à mal la morale du récit et rend une bonne partie de la série inutile, puisqu'on oublie les prophéties et l'hiver de cendres. À la place, on oppose le contexte cruel qui explique le changement de Daenerys à une folie héréditaire très manichéenne. C'est Tyrion qui explique que Daenerys aurait toujours été un tyran insatiable qui se cachait derrière de belles justifications, sauf qu'il y a une différence entre la moralité nuancée qu'avait Daenerys dans les premières saisons, et la meurtrière sanguinaire qu'elle est devenue. Mais les showrunners ne savent clairement pas faire dans la nuance, comme le prouve leur mise en scène de Daenerys qui a utilisé tous les clichés liés à la folie : donc la discussion se termine par le fait que Tyrion a raison et que Daenerys est juste folle. Cela rejette le problème systémique et la dénonciation du cycle de la violence, que ce même Tyrion abordera pourtant lorsqu'il proposera de mettre Bran sur le trône… prouvant que c'est peut-être lui qui est atteint de folie. Cette vision narrative de Daenerys rend caduque une grande partie de la série et de nombreux arcs de personnages, d'où le rejet du public qui a l'impression que la fin sort de nulle part et est injustifiée. Il aurait pourtant suffi, au lieu d'opposer les visions de Jon et de Tyrion, de les rendre complémentaires en les liant aux autres éléments de la série comme je l'ai fait dans la partie précédente. Même cette accusation de folie héréditaire a participé à faire basculer Daenerys, puisqu'elle a reçu de la méfiance qui ont mené à des trahisons, la poussant à se renfermer sur elle-même. Bref, il fallait exploiter les éléments scénaristiques qui étaient clairement là pour cette raison, par exemple avec les prophéties qui montrent qu’il n’y a qu’une seule issue au cycle de la violence, etc.
Mais je ne veux pas terminer sur une note négative. Contrairement à ce que certains producteurs semblent croire, Game of Thrones ne doit pas son succès à sa violence et son contenu sexuellement explicite. La série a brillé par sa narration, qui utilise la violence et le sexe pour alimenter son thème tout en développant une intrigue qui nous pousse à voir la suite, notamment pour saisir ce que l'auteur veut nous dire avec son histoire. Surtout vu que cet auteur prend un malin plaisir à détourner de nombreux codes, comme sur l'amour et l'idéalisme qui ne fonctionnent pas dans un monde terre-à-terre contenant dragons, zombies et magie. Et il faut bien sûr reconnaître la qualité des décors, des costumes et des effets spéciaux qui rendent cet univers tangible. Cette série m'a fait vibrer comme nulle autre, grâce à certains dialogues aux petits oignons et des scènes dantesques.
4) C'est quoi L'Attaque des Titans ?
La brillante idée de L'Attaque des Titans est d'introduire son thème en deux temps :
- Humains contre titans : l'histoire est celle d'humains coincés dans des murs pour se protéger de titans, monstres à l'origine inconnues qui cherchent à les dévorer. Le point déclencheur de l'histoire est une brèche dans le mur, faisant entrer les titans. S'ensuit alors une lutte pour la survie de l'humanité, dans laquelle nous vivons l'horreur des affrontements, que ce soit pour les soldats entraînés et déterminés qui sont mis face à la réalité du champ de bataille, ou les civils qui cherchent juste à survivre.
- Humains contre humains : nous découvrons que les humains dans les murs sont en fait des Eldiens, qui sont à leur insu (pouvoir de manipulation de mémoire, je vous passe les détails) en guerre contre une autre faction, les Mahr. C'est une volonté pacifiste qui a poussé les ancêtres Eldiens à enfermer leur population dans les murs et à leur faire oublier le reste du monde qui est belliqueux et plein de haine. Cela a permis un siècle de paix, avant la brèche dans les murs. Sauf que les Mahr n'ont pas oublié, eux, et mènent des guerres contre d'autres nations. Ils se retrouvent à avoir besoin des pouvoirs de ceux enfermé dans les murs pour gagner : d'où la brèche, le début de notre histoire et le nombre colossal de morts.
On retrouve la notion de cycle de violence et de guerre : malgré la volonté pacifiste des Eldiens et les tentatives diplomatiques de nos protagonistes une fois qu'ils découvrent la vérité, le conflit est inévitable. C'est d'ailleurs le thème central de l'animé : la liberté et l'asservissement. C'est notamment explicité par le personnage principal, Eren, qui rêve de liberté dès le premier épisode. Les murs sont évidemment une métaphore de cet asservissement : dans un monde en guerre, il faut renoncer à la liberté pour avoir la paix. Asservis par l'indoctrination et la haine, la guerre entre Mahr et Eldien ne peut qu’avoir lieu. Et même en admettant que les deux factions fassent la paix, les autres nations en guerre avec les Mahr rendent une démilitarisation et l'établissement d'une paix durable impossible à court terme. Aucune solution simple n'existe alors que par son approche en deux temps, le récit montre que la paix est une évidence.
Après avoir vécu l'horreur du combat contre les titans, quelles justifications peut-on donner à une guerre ? Changer l'ennemi ne change pas l'horreur des soldats sacrifiés et des pertes civiles innocentes, bien au contraire ! Toutes les considérations semblent dérisoires à côté de la vie humaine que nos héros pensaient préserver en se battant contre des monstres, et il est terrible pour eux d'apprendre que des gens arrivent à justifier le fait de s’entretuer. On est passé d'un massacre sans sens à la découverte que certains arrivent à lui en donner un et veulent même le continuer. Comme je le disais, c'est une narration brillante pour montrer de manière pragmatique et émotionnelle que les conflits doivent être évités à tout prix.
Je passe sur nombre de sujets explorés avec pertinence, de "l'Homme est un loup pour l'Homme" à "manger ou être mangé" et bien sûr "œil pour œil, dent pour dent". Il y a également des parallèles avec les guerres mondiales, la menace du Grand Terrassement que l'on peut rapprocher du nucléaire, le fait que même en temps de paix il y a des dominants et des dominés, toute la partie indoctrination et étiquettes apposées sur une partie de la population, la militarisation qui semble justifiée pour défendre l'humanité de monstres, mais qui est beaucoup moins glorieuse lorsque la même énergie est employée pour tuer d'autres personnes... Tous ces sujets sont bien traités mais pour bien saisir la fin, ils faut se concentrer sur le thème de la liberté et l'asservissement.
5) La fin de L'Attaque des Titans
Tout comme le contexte de Game of Thrones a forcé Daenerys a devenir une génocidaire, le contexte de L'Attaque des Titans a forcé Eren à devenir... un génocidaire. Dans les deux œuvres, l'idéalisme n'a clairement pas sa place et il n’y a pas de solution simple comme la diplomatie. Eren, malgré tous les pouvoirs qu'il obtient, ne peut donc pas tout régler ou plutôt, il rejette certaines solutions qui s'offrent à lui car cela reviendra à asservir les Eldiens alors qu'il cherche justement à les libérer.
Du coup, d'énormes sacrifices sont nécessaires pour faire comprendre que la violence n'est pas une solution et forcer des ennemis à mettre leur différends de côté pour s'allier (comme je l'ai évoqué ici, on peut tracer énormément de parallèles avec Code Geass sur les thèmes et le traitement). C'est donc parce que des Eldiens se battent contre Eren qu'ils seront libérés de l'étiquette qui leur a été accolée. C'est en constatant le nombre de morts et l'horreur du Grand Terrassement que les gens réfléchiront à deux fois avant de déclarer la guerre ou d'opprimer un autre peuple. Mais surtout, Eren a rempli son objectif de supprimer l'existence des titans en libérant Ymir, l'originelle. Elle qui a été une réelle esclave, elle est devenue une arme mieux considérée mais son amour pour le roi a continué à l'asservir : comme dans Game of Thrones, l'amour n'est pas toujours positif et il est aussi une source d'asservissement. Pour que Ymir soit en paix et libère son peuple de son lien aux titans, il fallait que Mikasa, amoureuse d'Eren, lui montre que cela ne l'empêche pas d’être libre et de faire passer ses convictions en premier. Donc Eren brise le cycle de la violence tout en libérant le peuple Eldiens des titans, au prix d'un énorme incalculable de morts.
Je n'ai pas insisté dessus dans Game of Thrones à cause de l'exécution bancale, mais dans les deux œuvres il y a une mise en abime. Dans Game of Thrones, ils parlent de la force des histoires et comment celle de Bran peut légitimer son accession au trône (et au passage légitimer la présence des zombies dans le récit).
Dans L'Attaque des Titans, la mise en abime va un cran plus loin. Eren, à cause de sa puissance, devient presque omnipotent chez les Eldiens au point d'écrire sa propre histoire. Il provoque finalement les évènements qui vont l'amener à récupérer ces pouvoirs, et décide de la marche à suivre puisqu'il peut voir le futur. Sauf qu'il ne peut pas emprunter tous les chemins qu'il veut. On peut mentionner Paul Atréides dans Dune qui vit une expérience similaire : ce n'est pas parce qu'il voit le futur et peut l'influencer qu'il peut faire ce qu'il veut. Il est contraint par un contexte à emprunter certaines voies, même celles qui ne lui plaisent pas. Eren est à la fois contraint par le contexte et ses convictions libératoires, ce qui est ironique puisque celui qui veut libérer les autres et détient le plus de pouvoirs se retrouve à être le plus asservi.. Hajime Isayama, l’auteur du manga, disait dans une interview qu'il s'était beaucoup projeté dans Eren car lui aussi, par la structure de son histoire et les thèmes qu'il voulait traiter, se sentait coincé dans la résolution de son récit.
Enfin, à la manière des dystopies et d'autres œuvres choquantes et révoltantes, Game of Thrones et L'Attaque des Titans montrent des horreurs pour avertir le public, et le pousser à lui-même agir pour éviter que de telles situations se produisent dans la réalité, tout comme les horreurs d’Eren et de Daenerys servent de leçons dans leur univers de fiction.
On peut noter que durant le générique de fin de l'Attaque des Titans, on comprend que le cycle de violence n'est pas arrêté, il a juste été rallongé. Cela permet à l'humanité et surtout aux personnages qui ont survécu de vivre en paix, mais tôt ou tard le cycle recommence...
6) Ce que je pense de L'Attaque des Titans
Contrairement à Game of Thrones, à aucun moment la cohérence narrative et thématique de L'Attaque des Titans n'est remis en cause. Par contre, je trouve quand même qu'il y a une forme de maladresse dans le récit lorsqu'il s'agit d'expliquer les pouvoirs d'Eren et les motivations derrière ses décisions. Les dialogues sont un peu confus et c'est finalement une petite analyse narrative qui rend le tout évident.
Mon deuxième petit reproche est lié à la structure même de L'Attaque des Titans, qui est pourtant géniale. À chaque révélation dans cet univers, il faut réinterpréter le début de l'histoire avec un nouveau prisme thématique. Lorsque je dis que les titans sont une métaphore de l'horreur de la guerre pour les civils et les soldats, ce n'est compréhensible que lorsque nous avons la révélation des Mahr et des Eldiens. Et ce qui est impressionnant, c'est que chaque révélation approfondit le thème de manière progressive au lieu d'être trop brutale et de perdre le spectateur (contrairement à de nombreuses autres œuvres qui se basent sur des révélations et des retournements). L'Attaque des Titans est la seule œuvre que je connaisse avec une telle structure, le premier visionnage étant déjà prenant et le second approfondit de manière cohérente les thèmes et l'histoire.
SAUF que d'après moi, il y a un arc pour lequel ça ne marche pas parfaitement : la première partie de la troisième saison, appelée l'arc du Tournant Majeur. D'après moi, le basculement entre une lutte pour la survie face aux titans et une lutte politique interne est trop brusque : j'ai été personnellement peu investi lors du premier visionnage. Sans les révélations qui arrivent plus tard, il est compliqué de mettre un sens à cet arc qui ne se concentre ni sur les titans ni sur la majorité des autres sujets abordés jusque-là.
Que l'on soit clair : je pinaille. La méfiance du pouvoir en place a été introduit bien avant, et les sujets abordés sont complètement cohérents lors du second visionnage. Cet arc est palpitant et cohérent, il est juste dommage que cette structure incroyable et une narration aussi qualitative ait cette petite faiblesse au premier visionnage.
En parlant de narration incroyable, je dois parler des batailles de cette œuvre : elles sont extraordinaires. Pleines de rebondissements, des décisions logiques et pragmatiques sans Deus Ex Machina, des plans cohérents... Chaque bataille est un petit bijou scénaristique, avec un rythme impeccable et des retournements qui tiennent en haleine. Personnellement, mon seul comparatif serait les batailles des films Seigneur des Anneaux, mais même elles ont le problème d'être entrecoupées par des segments montrant Frodon et Sam.
7) Conclusion
J'ai beaucoup comparé Game of Thrones et L'Attaque des Titans dans cet article et que l'on soit clair : je parle uniquement du traitement du thème.
La structure de L'Attaque des Titans permet de transmettre le thème de manière plus émotionnelle et progressive. Le fait d'introduire que 2 factions et moins de personnages que Game of Thrones permet de s'appesantir sur davantage de sujets et plus en profondeur. Et bien sûr, la fin bancale de Game of Thrones achève la comparaison en faveur de L'Attaque des Titans qui reste thématiquement cohérent.
Mais pour le reste, les deux œuvres font des choses différentes et ce n'est qu'une question de goût. L'Attaque des Titans utilise l'animation qui permet d'exagérer les émotions et l'horreur, a un rythme effréné qui place nos personnages en danger de mort permanent, et est accompagné d'une musique puissante faite de percussions et chœurs. Game of Thrones privilégie le réalisme cru, des machinations ponctuées de scènes grandiose, des dialogues qui peuvent frôler la poésie et une musique mélodique au violoncelle, à la fois discrète et noble.
Si j'ai écris cet article, c'est surtout pour qu'on puisse s'extasier ensemble devant le fait que des artistes, à travers ces deux œuvres, ont eu l'ambition de traiter un thème aussi énorme que le cycle de la violence et leur place dans la nature humaine. Il est intéressant de voir par l’analyse comment on en arrive à des résultats à la fois similaires narrativement et différents dans le traitement, ce qui est également le cas pour Code Geass, Dune ou encore Watchmen d’ailleurs. Et ce qui impressionne pour toutes ces œuvres, c’est de voir un résultat pertinent malgré le sujet si ambitieux.. Oui oui, pour moi mêmes les bêtises de la fin de Game of Thrones ne suffisent pas à me faire dire qu'elle n'est pas pertinente. Une baisse de qualité et des bêtises de showrunners ne compensent pas un excellent concept et plusieurs saisons narrativement brillantes.
Donc vive Game of Thrones et vive L'Attaque des Titans ! Ces deux œuvres m'auront chacune fait vivre des choses uniques qui m'ont marqué.